De l'Intelligence Artificielle

Déclaration d'intention

Étranger que le hasard ou la nécessité a amené vers cette première bouteille à la mer, je te demande de bien vouloir me laisser te tutoyer comme cela était d’usage lorsque les Français savaient encore comment désirer sans fin la liberté de marcher sur la tête des rois et de croire que le bonheur existe ailleurs que dans les rêves et ailleurs que dans les nues. En retour, je te promets de distiller sur ce blog la quintessence de mes savoirs accumulés après avoir collectionné des sources luxueuses pour quiconque n'a que Wikipédia pour pleurer en épluchant ses sources invérifiables. 

Peu à peu, j’affecterai le renom d’être de ces esprits auxiliaires qui refuseront, encore et toujours, de déléguer la tâche de la fiche de lecture à des intelligences artificielles envahissantes. Non pas que je sois tenté par le djihad butlérien contre ces "machines à l’esprit de l’homme semblable" sans lesquelles nous serions libres de perfectionner notre cognition — encore que cet effet secondaire désirable reste plus que bienvenu ; c’est juste que je suis trop paranoïaque au sens clinique du terme pour me fier à un service gratuit dont les hallucinations incessantes me forçaient à vérifier chaque génération pour un gain de temps total médiocre, sans jamais réussir à générer la totalité des vérités que j'avais découvertes ailleurs que dans son pool d'information où l'on ne pèche que des lieux communs.

Mais pour peu qu'on n'en abuse pas avec une compulsivité climaticide, une IA peut à la rigueur être utile à un chercheur avec le temps libre de vérifier la réponse, et s'il sait où l'orienter dans sa question. Donc il me semble permis de poser une petite question à Mistral AI de temps à autre, si on a besoin de l’analyse du Docteur Watson, parce que Sherlock Holmes a besoin de ce dernier pour tomber dans le panneau de la mise en scène du criminel — étant entendu que quelle que soit l’analyse de Watson, Holmes devra se remuer les méninges pour trouver une autre analyse encore meilleure.

Sans nostalgie déplacée, l'animation à la force du poignet dégage un panache inimitable.

Mais le reste du temps, à moins d'appartenir à un institut de recherche ayant accès au nec plus ultra de l'IA ayant réfuté une conjecture mathématique irrésolue depuis presque un siècle pour la plus grande invisibilité du cerveau ainsi privé de l'euphorie de cette découverte, tout sujet révolutionnaire ferait mieux de se renseigner auprès d'autres révolutionnaires, sans offrir sa vie privée en pâture aux Big Data, surtout s'il apprécie ce que l'humanité offre encore de plus marginal, et donc extraordinaire. 

Et donc faisons simple : que mon lectorat sache dès à présent que les fiches de lecture paranoïaques de ce blog analyseront des sources difficiles d'accès lues intégralement par l'auteur dudit blog, et que toute synthèse qu'il y lira aura été excogitée sans IA — sauf indication contraire et dûment justifiée.

J'en ai décidé ainsi, parce que j'ai supposé que le secret de la potion magique, permettant aux âmes généreuses de se soustraire à l’empire qui n’a jamais pris fin, et de retrouver le bonheur et la liberté de certaines époques reculées, ne pourrait évidemment pas être retrouvé dans les nuisances sonores, les faux sans répliques, et le présent perpétuel qui nourrissent les IA génératives, en plus de l’énergie démesurée dévorée par leurs requêtes érotiques. J'ai juste l'intuition qu'une IA ne peut pas générer la révélation du moindre secret digne de ce nom. La vérité est forcément ailleurs.

Je trouve quand même que la 3D a dangereusement rapproché l'animation de la « Vallée de l'étrange », cette zone où les contrefaçons de l'humanité nourrissent nos cauchemars...

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