Poème n°1 : Ce n'est pas vivre que de ne pas savoir

Publié le 7 Août 2026

Je suis né au paradis où la vérité blesse

et les principes aiment à notre place,

C'est franchement pratique pour disgracier la noblesse

mais un peu moins pour briser la glace.

Ce manque d’empathie est en tout point suspect

pour qui connaît les dérélictions

Des éveillés dont la recherche de respect

ne trouve que peu de consolation.

Les divinités du chaos leur ont dit :

« je t’offre mon réseau pour partager ton fiel ! »

Et pourtant tous les jours restent des lundis

sans qu’on sache comment partir à l’assaut du ciel…

Or ce n’est pas vivre que de ne pas savoir,

te dis-je avec tous mes fruits défendus ;

Viens cueillir ce Grand soir qu’on ne peut entrevoir

jusqu'aux étoiles que par des voies ardues !

Pendant que le monde se désagrège,

informe-toi avant qu’un firewall n’aboutisse :

La France est la Mecque du sacrilège,

toutes les sectes du monde s’y attaquent en justice.

Cette cocotte-minute regarde l’abîme

de nouvelles années de plombs tous les cinq ans,

On y trouve de l’inouï en haut débit

mais les délinquants règnent sur les délinquants.

Les sujets existentialistes y savent jouir sans honte aucune

à la façon de Diogène sur l’agora.

Et les sujets sérénissimes y barricadent leur Commune

sans attendre d'obtenir d'un doctorat.

Je cultive en moi l’art de savoir démentir

un seul défaut de ma nation calomniée,

En jurant à l’humanité de garantir

qu’on y libère tous ses doutes faits prisonniers :

Perd toute certitude toi qui rentre ici,

le cerveau humain mérite mieux que l’opium

Fourni à ces étudiants que l’on initie

au multicoloriage de la quatrième Rome :

Est-ce que Netflix se fiche que tu comprennes

l’éco-planification volontaire de la Chine ?

Est-ce que Tik Tok voudrait que tu apprennes

le municipalisme libertaire de Bookchin ?

Je sais qu’un jour l’éduction nationale

nous fera tous chanter l’Internationale,

Pour la plus grande gloire de fraterniser

dans la septième république randomisée.

Et n’importe qui pourra être appelé

à exercer n’importe quelle fonction,

Sans être par son origine recalé

ni devoir exhiber sa componction.

Continue d’attendre Godot sur les écrans

du spectacle désintégré si ça t’amuse,

Ou lève-toi et marche vers le futur du cran

homérique de te ressourcer au chant des muses.

Publié dans #Poèmes

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