Je suis né au paradis où la vérité blesse
et les principes aiment à notre place,
C'est franchement pratique pour disgracier la noblesse
mais un peu moins pour briser la glace.
Ce manque d’empathie est en tout point suspect
pour qui connaît les dérélictions
Des éveillés dont la recherche de respect
ne trouve que peu de consolation.
Les divinités du chaos leur ont dit :
« je t’offre mon réseau pour partager ton fiel ! »
Et pourtant tous les jours restent des lundis
sans qu’on sache comment partir à l’assaut du ciel…
Or ce n’est pas vivre que de ne pas savoir,
te dis-je avec tous mes fruits défendus ;
Viens cueillir ce Grand soir qu’on ne peut entrevoir
jusqu'aux étoiles que par des voies ardues !
Pendant que le monde se désagrège,
informe-toi avant qu’un firewall n’aboutisse :
La France est la Mecque du sacrilège,
toutes les sectes du monde s’y attaquent en justice.
Cette cocotte-minute regarde l’abîme
de nouvelles années de plombs tous les cinq ans,
On y trouve de l’inouï en haut débit
mais les délinquants règnent sur les délinquants.
Les sujets existentialistes y savent jouir sans honte aucune
à la façon de Diogène sur l’agora.
Et les sujets sérénissimes y barricadent leur Commune
sans attendre d'obtenir d'un doctorat.
Je cultive en moi l’art de savoir démentir
un seul défaut de ma nation calomniée,
En jurant à l’humanité de garantir
qu’on y libère tous ses doutes faits prisonniers :
Perd toute certitude toi qui rentre ici,
le cerveau humain mérite mieux que l’opium
Fourni à ces étudiants que l’on initie
au multicoloriage de la quatrième Rome :
Est-ce que Netflix se fiche que tu comprennes
l’éco-planification volontaire de la Chine ?
Est-ce que Tik Tok voudrait que tu apprennes
le municipalisme libertaire de Bookchin ?
Je sais qu’un jour l’éduction nationale
nous fera tous chanter l’Internationale,
Pour la plus grande gloire de fraterniser
dans la septième république randomisée.
Et n’importe qui pourra être appelé
à exercer n’importe quelle fonction,
Sans être par son origine recalé
ni devoir exhiber sa componction.
Continue d’attendre Godot sur les écrans
du spectacle désintégré si ça t’amuse,
Ou lève-toi et marche vers le futur du cran
homérique de te ressourcer au chant des muses.