L'hiver arrive

Publié le 2 Août 2026

Salut le peuple ! Ô compatriotes des six coins de l'Hexagone et collocutaires aux quatre coins du monde, bienvenu dans mon laboratoire !

Je serai chaleureux dans les limites de mes capacités, et j'ose espérer que vous le serez réciproquement si vous aviez une question à me poser — c'est précaution élémentaire quand le blizzard qui s'est emparé du monde s'apprête à dépasser les bornes et subvertir tous les garde-fous de la psyché.

Mais au soleil de plomb qui troue la tête des oiseaux d'Occitanie sous un mistral perdant qui teste la ténacité de nos soldats du feu, (en rebelotte après que 384 millions d'hectares de forêts étaient partis en fumée à l'échelle mondiale en 2025, dont 45 rien qu'en Australie qui perdit la surface de la Suède — d'après les données du "Global Wildfire Information System" infographiées pour la page "Big Data" du n°61 du magazine de vulgarisation scientifique Epsiloon de juillet 2026), vous aurez compris que le blizzard dont il est question ici n'a rien à voir avec la disgrâce estivale qui est en train de générer les pires sinistres agricoles de France depuis 1945 selon les chiffres provisoires de Serge Zaka.

Préparons-nous pour des étalages clairsemés — et peut-être pour des émeutes...

C'est en fait du refroidissement des âmes dont je parle, parce qu'à mesure que le climat global va se réchauffer, il n'y aura pas seulement érosion de la biodiversité, mais aussi érosion de l'empathie.

Sur l'autoroute doublé par un chauffard, nul n'a peur d'être entendu et d'insulter copieusement ; mais à l'heure du constat, la peur du combat inhibe notre action et met nos sens en éveil. Lorsque nous sommes en présentiel, ou même au téléphone, nos neurones se synchronisent face à l'altérité dans sa communication non-verbale et l'intonation de sa voix. Mais sur internet, le distanciel désincarne les subjectivités et déchaîne la lutte pour la reconnaissance au-delà de toute mesure. Ainsi les fameuses nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC) qui étaient censées nous rapprocher ont en fait aggravé nos séparations spectaculaires et multiplié les opérations de déstabilisation psychologique. Puisque sur ces plateformes nul ne craint plus le combat, chacun peut y jouer à devenir le maître de la dialectique de G. W. F. Hegel sans réfléchir aux conséquences de ses actes.

Ayant moi aussi connu la déréliction de prêcher dans le désert, je regrette beaucoup d'avoir éprouvé si peu d'empathie pour des gens qui semblaient préférer s'arracher l'oreille avec un rasoir qu'écouter mes arguments. Cela affecta ma santé mentale et je me suis assez éloigné des réseaux sociaux.

Or la leçon de la dialectique immortelle de Hegel était pourtant que le maître, par son oisiveté, était condamné à connaître une atrophie cognitive pendant que son esclave perfectionnait son intellect dans un apprentissage fondé sur la neuroplasticité. Et l'esclave en train de gagner en puissance, ce n'est pas le moindre utilisateur de X pendant sa "minute de la haine", c'est une mégamachine algorithmique qui récolte nos données pour mieux manipuler nos opinions en périodes électorales à la force des faux sans réplique qui occultent le secret généralisé des nuisances de la marchandise.

Dans l'œil du cyclone

La France, pays où j'eus la fortune périlleuse d'être jeté sur les rivages de l'existence, est à cet égard lieu de paradoxes. Entre autres lamentations pour un âge d'or qui n'en était pas vraiment un après la dernière guerre mondiale, nous tapons encore au-dessus de notre catégorie, peu importe ce que nos journaleux vendent encore avec notre dégringolade dans certains classements internationaux.

Rapport de l'Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS) déterré récemment

Avec moins d'un pourcent de la population mondiale, nous n'en sommes pas moins une puissance atomique souveraine essaimée sur tous les océans avec le privilège d'un siège de véto aux Nations Unies et des banques systémiques transfusées par des ponctions budgétaires parasitaires. Et ce nœud gordien est vulnérable à la volonté tranchante de quiconque s'emparera des prérogatives de sa monarchie présidentielle. Elle est tout de même paradoxale, cette soi-disant "démocratie" où tous les cinq ans, un clergé médiatique à la botte de neuf milliardaires demande à la plèbe d'acclamer un clown !

Dès lors, nous ne pouvons pas feindre d'ignorer que le jour où la patrie des Lumières s'éclipsera, la Terre s'arrêtera momentanément de tourner. Les enjeux sont tellement élevé que tous les cinq ans, des quarterons de journalistes d’investigations, détectives privés, hackers et autres agents secrets font de la France leur théâtre d’opération pour salir leurs champions respectifs ; et nous assistons donc désormais à des métamorphoses kafkaïennes de routine chaque fois que le pet de travers d'un vétéran jadis imprudent remonte à la surface tel un torrent de merde après une longue latence.

Dans un tel contexte, les Français ont-ils bien conscience de ce que les divinités du chaos ont l'intention de leur faire subir en 2027 ? Oui et non, et c'est là un paradoxe supplémentaire.

Les Français se doutent bien qu'ils sont le centre de l'attention des puissances établies, ne serait-ce que parce qu'ils sont au sommet des classements internationaux lorsqu'il s'agit de sonder leur sentiment d'être surveillés ou censurés, même si on ne sait pas exactement par qui, comment et pourquoi.

Même les Étasuniens et Hong-Kongais avouent moins, c'est dire....

Cela étant, le regard des autres n'a pas l'air de les inhiber, et au contraire semble même dynamogène, tant on sait qu'ils sont aussi les twittos les plus violents d'Occident derrière les États-Unis.

Mais pourquoi sont-il si méchants ? PARCE QUEEE !

Paradoxalement, les Français chérissent les effets dont ils déplorent les causes, tant ils se plaignent d'être observés après s'être défoulés sur leur prochain. Dans un tel contexte, quel que soit le vainqueur de l'élection si elle n'est pas annulée comme naguère celle de Roumanie — mais j'exagère-là à dessein vu que des mesures préventives sont préparées — le débat public va se putréfier rapidement, surtout autour de la morsure israélo-palestinienne, nous laissant l'impression d'assister à un accident de voiture au ralenti du point de vue du mannequin de crash test. 

La France mijote donc dans une barbarie de basse intensité, telle une cocotte-minute prête à exploser — de là vient que certains de ses politiciens envisagent d'interdire X pendant les élections. Mais cela ne résoudrait pas le problème : ce que douze millions de Français sont capables de déféquer dans un commentaire sur X, ils sont aussi tout à fait capables de le déféquer dans un bulletin de vote.

Je suppose donc que nous ressentons tous cette érosion généralisée de l'empathie, même ceux qui s'abstiennent de réseauter : lorsqu'un sujet n'est pas reconnu pour sa contribution, son ressentiment épuise son empathie pour quiconque avec qui il s'agissait de coopérer.  Je constate partout autour de moi des gens qui n'éprouvent plus d'empathie que pour leur propre tribu, et leur respect pour l'universalisme se fait la malle en silence. Ils sont adorables en face à face, mais je ne donne plus cher de leur âme face aux tentations. Combien auront assez d'inspiration pour y résister en cas de froiduration ? Même si j'avais le brûle-gueule pour les faire fondre, je préférerai mieux ne pas le savoir de si tôt...

Aux alchimistes de l'enfer glacé

Mais toi qui a lu ma prophétie de malheur jusqu'ici, tu sais bien du titre même de ce blog que je n'ai pas encore sombré dans le découragement. Il va falloir carotter la couche de glace qui recouvre les magmas sous-marins de la mémoire du futur pour analyser dans ses bulles d'air l'atmosphère de l'Atlantide pendant l'Âge d'or — qui est, faut-il encore le rappeler, l'âge où l'or ne régnait pas.

Lorsque le temps spectaculaire est plus que jamais gaspillé pour alimenter un renouvellement technologique exponentiel incapable de nous extraire de notre présent perpétuel ridicule autrement que par l'attente ahurie d'un cataclysme, l'acte le plus révolutionnaire consiste encore à consacrer son temps libre à développer ses compétence révolutionnaires et contribuer à la réflexivité collective.

Ce blog proposera donc plusieurs séries d'articles où je distillerai la quintessence de mes connaissances accumulées pour rapprocher mes concitoyans séparés par le spectacle, parmi ceux qui auront le potentiel de résister à la tentation de l'inhumanité qui vient, nonobstant toutes leurs idéologies diverses et variées, et pour leur donner des raisons d'être optimistes, en partageant mes fiches de lecture narrant les passés les plus lointains et glorieux qui échappent à la sinistrose du présent.

Je partagerai là mes travaux préparatoires à l'écriture des règles d'un sport de combat dialectique que j'ai proposé il y a peu à une association d'éloquence et à un formateur à la prise de parole en public, pour disputer en chair et en os face à un public et avec des arbitres, à la façon des joute oratoires que pratiquaient les Grecs de l'époque archaïque lorsque leurs citoyens-soldats devaient élire le stratège avec les meilleurs arguments et en écartant les sophismes. Cette série d'article s'intitulera :

LA DISPUTE HÉROÏQUE

Ensuite, je partagerai mes fiches de lecture sur le thème des cités-États grecques dans l'antiquité, pour critiquer la légende noire qui réduit cette civilisation à son esclavage et minimise sa contribution révolutionnaire à l'Histoire de France, et surtout y discerner les germes d'une société autonome plus respectueuse du genre humain et du reste de la biosphère. Cette série d'article s'intitulera :

LA CITÉ GRECQUE EST UNE ZONE À DÉFENDRE

Du reste, il m'arrivera de proposer des articles dans d'autres séries, qui seront rajoutées à cette liste passé le seuil où leur taille le justifiera — mais je vais y aller mollo pour ne pas m'éparpiller.

Je me permettrai également de poster des messages sur les réseaux sociaux pour faire la publicité de ce blog, mais en minimisant autant que possible les échanges avec les autres utilisateurs, lesquels pourront toutefois s'exprimer dans les commentaires de ce blog — et peut-être même recevoir des commentaires à ces commentaires, pour peu que la question exige une réponse. 

C'est un rêve difficile que celui que j'ai l'ambition d'accomplir, et les temps sont durs pour les rêveurs. Mais un sage a dit un jour que le soleil ne se lève que pour ceux qui viennent à sa rencontre — et si nous sommes assez nombreux, alors nous pouvons espérer que ce soleil soit plus beau que les anciens mensonges. En attendant de le rencontrer, pense à partager ce que tu préfères sur ce blog.

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